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La taphophobie et le magnétiseur

Le Magnétiseur aide pour se libérer de la taphophobie, comme pour toutes les autres phobies. Avant de se faire aider, il faut bien comprendre de quoi il s’agit.

La taphophobie est la peur phobique des tombes et des cimetières, ou dans le cas qui nous intéresse, d'être enterré vivant. Il semble que la peur d'être enterré vivant quitte peu à peu le champ du rationnel pour passer à l'irrationnel. En effet, alors que le sujet était longuement débattu au 19e siècle, il se poursuit encore aujourd'hui tandis qu'il y a toujours d'intenses débats entre la limite de la vie et de la mort. Pourtant, aujourd'hui, nous identifions la mort définitive avec la mort clinique, le coma, la mort cérébrale avec les activités vitales qui peuvent être maintenues grâce à une assistance médicale alors que l'encéphalogramme est plat.

Cette crainte de se réveiller enterré dans son cercueil ou dans son caveau familial était monnaie courante il y a encore une trentaine d'années. La raison est très simple : beaucoup de personnes avaient dans leur entourage des connaissances qui leur racontaient des histoires de fossoyeurs. De même, je vais pouvoir vous en compter : tout à fait à mes débuts de magnétiseur, à de nombreuses reprises, des employés de cimetière me racontaient que, lorsqu'ils devaient relever des corps pour faire de la place, il leur arrivait de trouver des corps dans des postures ne laissant aucun doute à leur agitation dans le cercueil avec souvent des traces de griffures à l'intérieur du cercueil. On peut toujours se demander si ce n’était pas une légende urbaine. Il est évident qu'il y aura toujours des affabulateurs, mais pour ces fossoyeurs traumatisés et par la façon dont ils racontaient ces faits les ayant effrayés, le doute n'était pas permis.

En 1705, le testament d'un prêtre du diocèse de Poitiers, décédé à Paris, est très révélateur : « à quelques heures qu'il plaise à Dieu de m'appeler à lui, je désire que l'on garde mon corps le plus qu'on pourra sans une grande incommodité et jusqu'à ce qu'on soit parfaitement assuré de ma mort par des marques très certaines : non que j'ai beaucoup d'attache à la vie, mais parce que les exemples de ceux que je sais qui ont été enterrés tout vivants me font d'autant plus craindre les sensations auxquelles je serais exposé si je revenais à moi dans le tombeau comme cela est arrivé à quelques-uns de mes ancêtres. » Cette peur d'être enterré vivant a ces célébrités, surtout du 19e siècle : l'industriel suédois Alfred Nobel et le compositeur Frédéric Chopin auraient reçu cette phobie de leur père. Mais, c'est bien au 18e siècle que les Français ont été le plus hantés par cette panique. À cette époque, cette frayeur très ancienne fut ravivée et amplifiée par une accumulation de faits divers relatant ces événements pour certains comme toujours apocryphes, mais pour d'autres ne pouvant être niée.

En 1740, Jacques Bénigne Winslow, un médecin français, fut l’un des premiers à faire rentrer cette crainte morbide des tombes et des cimetières, ou d’être enterré vivant dans un enjeu de santé désormais publique : « Si les expériences de chirurgie sont plus propres que tout autre à découvrir des marques moins incertaines d'une mort douteuse » est le titre d'une thèse parue initialement en latin est traduit en 1742 avec de nombreux commentaires sortis en 1742 par le médecin Jacques-Jean Bruhier à laquelle il a rajouté 200 pages.

En 1745, Jacques-Jean Bruhier sort un 2e tome avec un titre évocateur : 'dissertation sur l’incertitude des signes de la mort et l’abus des enterrements et embaumements précipités'. Dans cet ouvrage, il informe que les signes habituellement utilisés pour caractériser la mort -immobilité, pâleur et surtout absence de réaction, de pouls et de souffle - ne sont pas significatifs du décès d'une personne. Il y a certitudes uniquement lorsqu'il y a putréfaction. Cela pourrait expliquer pourquoi dans de nombreuses cultures les défunts sont veillés avant d'être inhumés.

En 1752, un jeune membre de l'Académie royale de chirurgie, Antoine Louis, qui aujourd'hui est plus connu pour être l'un des créateurs de la Louison qui s'appellera la guillotine, publia « des lettres sur la certitude des signes de la mort avec comme sous-titre cette mise au point directement adressée à Jacques-Jean Bruhier : où l'on rassure les citoyens de la crainte d'être enterrés vivants ». Il y expose une forte diminution des inhumations prématurées et y rajoute 2 critères qui lui paraissent irréfutables : la flaccidité de l'œil et la rigidité cadavérique.

Nous retrouvons dans des testaments du début à la fin du 18e siècle la trace de la taphophobie par mention sans équivoque sur l'appréhension d'être enterré vivant.

En 1790, Madame Suzanne Necker dans son opuscule « des inhumations précipitées » décrit ces peurs d'être enterrée vivante, informe sur différentes techniques qui permettraient de s'assurer que la mort n'est pas une illusion et relate différentes anecdotes de personnes considérées mortes qui ont retrouvé la conscience à l'inhumation. Elle recevait d'illustres savants de son époque tels que Diderot ou Buffon.

En 2015, Anne Carole écrit « Le niveau élevé du risque d'être enterré vivant n’a au fond que peu d'importance ». Tout n'est toujours qu'une question de point de vue !

L'inhumation n'est plus possible sans un certificat de décès établi par un médecin après parfois un examen du corps. Toutefois, si l'inhumation ou l'incinération se fait trop rapidement, le (nous dirons) ennui peut toujours se produire. L'avantage dans l'incinération est qu'il sera impossible pour les futures générations de savoir ce qui s'est réellement passé, avec réveil ou non. C'est peut-être pour ces visions de réveil dans le four du crématorium que certains voyants ont cru voir l'enfer.

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